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jeudi, 26 juillet 2007
A pas là....
En rapport direct avec le billet précédent...
Note en Langage SMS Vintage Collector :
APRES GROSSE PERIODE DE BOULOT – STOP -
STAND BY A PARTIR DE DEMAIN – STOP –
VIVE LES VACANCES – STOP –
RETOUR A LA ANORMALE DANS QUELQUES SEMAINES – STOP –
PRENDRAIS QUELQUES NOUVELLES SI POSSIBLE – STOP –
PROFITEZ – STOP –
SOYEZ PAS SAGES – STOP –
BIZZZZZZZZS – STOP -

J’viendrais faire un p’tit tour chez vous demain matin si j’ai le temps :o)))))))
A bientôt…
20:45 Publié dans un joyeux bordel... | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
lundi, 23 juillet 2007
« Aïe Love You »...
Mon premier : C’est kiki qu’est à l’envers (à l’italienne on dit) et qui pour le coup s’appelle Christine Spadaccini (c’est pas Kiki ton vrai nom ?????),
Mon second : C’est kiki qui m’crie « Aïe Love you » sur une couverture en forme de banc vert avec un foulard et un bouquin à l’endroit,
Mon dernier : C’est Kiki qui me dit que il est que à moi le livre (Nhaaaaaaa)…
Mon tout : C’est de la balle bébé…
Réponse :
Bon en vrai au début, j’ai perdu beaucoup de temps… Parce que quand je l’ai ouvert j’ai tout de suite vu que c’était des Textos, (mais je n’ai pas lu, erreur) :
« Rhooooooo p’tin c’est pas vrai… mais Chui nul moi en téléphone… J’prends qu’des photos avec… P’tin j’vais rien comprendre… »… Fallait que je m’y mette…
J’ai découvert le monde du SMS :
Ma première découverte fut que SMS, et bin ça n’veut pas dire « Sucre ta Mere en Slip »,
La deuxième découverte (très douloureuse) a été que ma Belle-reum, du fin fond du trouducudumonde à Païzouland sait envoyer des SMS écrits de la main gauche (et p’tin ça fait mal ça)…
Donc j’ai pris mon portable à deux mains et mon premier SMS fut pour une experte : ma nièce de 13 ans (p’tin c’te looooose) :
- Lundi 2 Juillet 15h30 (écris trop en dj’euns, pour bien y montrer que chui in) => Salut na mièce, j’é bezoind’acbuérir o plus vite tes multiples con naissances du langage SMS, soit tu me files von dico, soit tu me donne des cour…
- Lundi 2 Juillet 15h32 => vazy G’pa’kesa a f’R… Komb’1?????
- Lundi 2 Juillet 19h12 => 10 Euros
- Lundi 2 Juillet 19h14 => Ok 20€ é Jt’M tro. Ex’C’len, vi1 2m’1 apré-mi’10 ala kaze ; là chui Dz’S’P’ré tro OQP… Bizzzzzzz @2m’1
J’aurais du lire avant parce qu’Y’en a pas besoin du language SMS pour lire « Aïe Love you »… Nan les Sms de Kiki, y sont pas en SMS… y sont en Pirou-lettres à la mode Kiki :o))))) C’est pas compliqué, si t’aime le blog à Kiki, si t’aime les billets à Kiki, les Com à Kiki… Bin t’aimeras le Livre à Kiki… Parce que c’est du 100% Kiki, du Copyright Kikiright… et Moi… J’aime beaucoup les mots à Kiki :o)))) Kiki… C’est du Canadadry avec de l’alcool et du goût.

« Aïe Love You » : C’est une Histoire d’amour, d’amants voisins de palier qu’un mur sépare. C’est un garçon B et une fille K qui rêvent de partager le même paillasson, mais y peuvent pas… Parce qu’y sont déjà empaillassonnés… mais ils s’aiment P’tin… Et ils ont très souvent très très envie de couiller, de s’toucher, de s’parler, de s’quotidienner (de s’aimer d’un amour pur comme l’ô fraiche koi…), mais y peuvent pas… Alors à défaut de faire des pirouettes sur l’canapé, ils font des pirou-lettres sur l’clavier…
Le fait qu’il soit écrit en texto, l’absence du narrateur, rend le tout des plus original (et ça fait du bien). En plus, cela donne au livre le don de vous plonger dans l’intimité la plus profonde de ce couple (au propre qu’est pas propre comme au figuré avec des figures), une proximité rare, on a vraiment l’impression d’être le voyeur de leurs doubles vies (pas au sens malsain… koi que ;o)))))… 1001 Briques construisent cet adultère téléphonique... et vous… vous suivez l’avancée des travaux derrière ce rideau de fenêtre qui se referme brusquement dès qu’un passant regarde…
Mais attention, je le répète… C’est du Kiki… Chaque SMS est un petit chef d’œuvre d’écriture, où chaque mot joue à bousculer l’autre…
Alors si tu veux te chopper un banane ENORME en travers ta gueule (à voui, parce qu’en plus tu te marres), que tu veux un livre des fois un peu cochon avec du Zizi dedans (attention si tu le lis pendant la sieste : tu verras la lune en plein après-midi Mouhahahahaha), que les descriptions à la zola ça te gonfle (ouaiiii tu peux pas faire 3 pages sur un cailloux avec des SMS…c’est plutôt un truc d’Hiver Zola), et que t’es Radin (l’est en promo) Bin Commande vite « Aïe Love you » de Christine Spadaccini.

P’tin, Vivement « Existe en ciel » :o))))))
Et Pis Merci Kiki, Encore des mots :o))))))
18:30 Publié dans un vrai livre avec des mots... étoukoi | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Livre, SMS, aïe love you, spadaccini, lecture, humour
mardi, 10 juillet 2007
Pot d’ânes…
Attention, éloignez les enfants car il va y avoir du sang, puis des sorcières, du sexe, de l’action et du surnaturel… (Ah d’un coup ça vous intéresse hein…).
Comme je sais que parmi vous, il y un max de faignants blogeurs qui n’ont jamais vu une entreprise (ah bin c’est pas les fonctionnaires, profs ou autres glandeurs qui manquent sur la blogosphère Mouhahahahahahaha ça va ?????? pas trop en colère ?????… piti Rappel : taper un caribou porte malheur). Nan… Pour vous aidez à vous en sortir, je vais vous initier aux vraies valeurs de la France qui travaille, à l’industrie et au footing (ça vous rappel quelqu’un ????? ça craint heiiiiiiinnnnn ???????) en vous plongeant dans l’ambiance d’une grande Entreprise (t’vas voir, ça fait envie).
Les lieux : A quelques bureaux du mien, il y a un « open space » avec 6 plantes vertes (5 femmes et 1 homme), rien que des champions, du lourd, des bêtes de foires concours, limite on les arrose une fois par semaine… Le p’tit nom de ce bureau « paysagé » : le parc à huîtres…
Y’a Gisèle : 55ans, 1m60-80 kg, sorte de paquebot naviguant très très très lentement de sa chaise à la photocopieuse, puis au retour fait escale au paquet de bonbons. Signe particulier :
- nous appelons ses mini-jupes (Beurk) : la ligne de flottaison.
Surnom : Le paquebot (prononcer Pas-que-beau)
Y’a Sylvette : 52ans, 1m55-30 kg. Offense physique à la nature, n’est pas encombrée de neurones, parait qu’un jour y’a un type qui l’a vu sourire. Signes particuliers :
- Parle tout le temps puisqu’elle n’a rien à dire,
- Fait peur aux enfants,
- vieille fille, les paris son ouvert sur sa virginité (chui sûr qu’elle n’a jamais couillé).
Surnom : qriqri d’humour ou qriqri d’amour
Y’a Monique : 58ans, 1m60-60kg. N’a qu’une ambition dans la vie : attendre la retraite en mangeant des fayots. Signes particuliers :
- Ecoute jauni à l’idée,
- Pète-sec (au propre comme au figuré, c’est une infection)
Surnom : Puduku
y’a Dédé : 52 ans, 1m80-50kg. N’a pas apprécié que je lui dise qu’en restant ici, il privait un village de son idiot. C’était juste avant sa maladie, (chui pas un monstre non plus) car Dédé sort d’une dépression (afin de l’aider au mieux, nous dosons ses médocs)…
Surnom : Dédé
Je ne parlerais ni de toblorone, ni du youka.
Lundi matin 9h10 :J’arrive au boulot, je croise Dédé, journée de merde :
« - Tiens Dédé… Alors ??? Toujours aussi con ???? T’étais en vacances ????
- Ouai, bin c’était drôlement joli heiiiin, et chui bronzé d’partout. »
Lundi matin 9h30 :Je débarque dans le parc à huîtres :
« - Rhooooooo p’tin MERRRRDE Alors les pouffes ????? Il est où mon café ?????????
Puduku : - làlàlàlàlàlà voilààààà Mr caribou hiiiiiii z’allez bien aujourd’hui ???????.
- Gnin. »
Pendant ce temps, qriqri d’amur se dirige vers l’imprimante et récupère quelques feuilles. Elle trie les siennes (ça prend longtemps)…
Puis stoppée nette…
Elle remonte ses doubles-foyers…
Regarde de plus prêt…
Ajuste son regard de bovin…
Passe du rouge, au vert, au parme, à l’orange, puis finit écarlate…
Tendant la feuille à Dédé, elle balbutie au bord des larmes : « Tiens, c’est à toi ».
Avec son chef (un pot’) nous nous approchons… et là sur la photo pourrit (à cause l’imprimante), y’a dédé… assis sur un rocher… Bronzé… jambes écartées… Avec Dumbo et ses oreilles qui pendouille : à oualpé koi!!!!!!!!!
Dédé : « Ouai je sais j’me suis trompé d’imprimante, j’voulais d’la couleur parce que l’est drôlement joli l’paysage derrière, mais attendez j’vais en imprimer d’autres pour les afficher… »
Schef : « non non non non attend, tu peux pas afficher ça au boulot…»
Dédé : « Ah ????? Mais y sont drôlement jolis les paysages»
Moi : « P’tin t’es con t’es con, mais t’es monté comme un âne mon salaud »
Schef : « Non non c’pas possib, faits voir tes photos et je vais te dire laquelle tu peux imprimer »
Dédé : « Ah bin celle là :o))) »
Schef : « !!!!!!!!! Ptin mais non… alors une où t’es pas dessus »
Dédé : « Même si j’suis à contre jour ????? »
Schef : « Mais y’en a pas une où t’es habillé ???? »
Dédé : « Bin non »
Et c’est à ce moment précis qu’eu lieu le miracle… un phénomène Paranormal… Surnaturel… Extraordinaire je vous dit :
J’ai vu un paquebot, en cale sèche depuis des lustres, se métamorphoser en vedette super-sonic afin de traverser le parc à huîtres à la vitesse de la lumière, zapper l’escale bonbons, et accoster devant l’port de Dédé, lui foutre sa ligne de flottaison sous le nez et demander : « Ah ouiiiiiiiii ???? T’as des photos d’tes vacances ???? Z’ont l’air jolis tes paysages, on peut voarrrrr ??????… »
Moralité : On s’est trompé : il y a un semblant d’activité dans « le parc à huîtres »… Depuis on l’a rebaptisé « Pot d’ânes » Mouhahahahahahahaha
PS : Toute ressemblance avec des personnes de mon entourage professionnel ne serait que pure maladresse de ma part… Tiré d’une histoire vraie.
21:30 Publié dans un joyeux bordel... | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : Humour, travail, blog, dédé
lundi, 02 juillet 2007
Car_net.rose
Cela fait un an et un jour que j’ai trouvé ce petit bout de toile à noircir… Et comme personne ne l’a réclamé bin j’le garde pour moi en bout de toile de fond…
Un an que je m’épanche (par douchou la balouchtrade), que j’étanche ma soif de bières mots… Un an que je vous oblige à lire mes conneries…
Pffffffff P’tin un an déjà que je lit(terie), je post(kript homme), je billette(riz), je com (hu nique)… Et franchement… L’aventure est belle :o))))))
Une année jalonnée de mot en maux, de rencontres virtuelles en rencontres réellement réelle où on se touche pour être sûr que l’autre existe pour de vrai, qu’il y a quelqu’un derrière les mots, que ce n’est pas des machines qui fait les billets… C’est des vrais gens avec des mains et des yeux, et tout…
Un an que vous supportez mes fautes d’orthographes en faisant semblant de ne pas les voir… ET ça c’est bô (p’tite larme d’émotion… snif), Houuuuuuuuu c’que c’est gentil de ne pas me rappeler tout le temps que je fais pleins de fautes (re snif)…
Un an que j’aime vous lire…

Fini de rigoler, déformation professionnelle oblige : je dois vous assommer……. avec quelque chiffres (ôhhhh chiffres que j’aiment et qui me nourrissent : merci numéros de faire mes repas plus bô). Donc cette année mon blog se résume à :
- 86 billets, soit 1 billet tous les 4.24 jours
- 1912 commentaires de vous (rhoooooo ça fait chaud dedans ça…) soit 5.24 com/jour
- 25 508 visites, soit 69.88 visites/jour
Quelques ratios :
- 22.23 coms/billet
- 1 com pour 13.34 visites
- 296.6 visites/billets
Mais c’est aussi :
- 30 contacts dans ma bloglist que je bise (dont 2 sont morts récemment, enfin juste les blogs , pas les gens heinnnn)
- 67 flux Rss
- 1 ami d’enfance retrouvé
- 5 bloggeurs touchés pour de vrai et même que je recommencerais :o)))))
- D’autres que je vais prochainement toucher pour de vrai :o)))))))
- Des rires, des larmes, des melons, de l’émotion, des livres, du sexe, du suspens, des doutes (quand tu m'dis qu'tu m'aimes plus qu'avant, j’ai des doutes, sur le cimetière des éléphants), des blogs que je ne connais pas encore…
Enfin, si je devais résumer une année de blog en un mot :
Mouhahahahahahahahahahahahaha
19:34 Publié dans un joyeux bordel... | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note | Tags : Humour, blog, anniversaire
Harmonie
Je suis très heureux de commencer la 2eme année en publiant un billet d’une autre bloggeuse (qui n’est pas moi donc)!!!!!!! Oui, je trouve ça génial… Un blogeusepotesse, ne voulant pas blesser m’a demandé de publier chez moi son récit de la fête de la musique (et j’en suis extrêmement honoré, puis ça vaut son pesant de cacahuette :o))))). Pour l’occas, son nom sera Filomène (bien fait Gnagnagnagna) et je la laisse répondre aux coms (d’où un billet à part)
Filomène :
« Ayé j'ai décidé que j'écrivais.
Bon, en fait, puisque j'aime bien cet orchestre, j'ai pas pu faire un truc trop méchant, je pourrais presque le mettre sur mon blog Seulement je ne maîtrise pas la susceptibilité de tout le monde » … « Donc c'est mieux que ce texte soit ailleurs que chez moi, c'est pas la peine de rajouter du vinaigre dans la salade, même si c'est du vinaigre doux»

Harmonie
Une bande de gens improbables avec des instruments entre les mains.
Des vestes bleues, avec une étiquette verte et jaune dessus. Des vestes de récup, et quelques unes assorties. La mienne a les boutons dorés.
Les pantalons sont foncés : de gris clair à noir en passant par bleu marine, c’est considéré comme foncé. Jean, fuseau ou baggie, c’est considéré comme pantalons.
Des cravates pour les hommes, rayées jaunes et vertes, splendides.
Les allures sont aussi improbables que les gens.
L’alignement est mélangé, imprécis, fouilli, les boîtes d’instrument sous les chaises en plastique, les partitions dans le désordre, et le programme joué dans le désordre lui aussi.
Entre chaque morceau, 5 minutes de rien, tout en désordre, le temps de se regrouper.
Le chef cherche ses mots pour présenter, pour ne pas dire plus que s’il ne disait rien.
Le chef qui nous fait jouer des morceaux pas assez travaillés, et parfois c’est du yaourt. D’autre fois c’est le miracle.
A un moment c’est mon tour. Je fais chef quand le chef n’est pas là, alors ce soir je dirige les morceaux qu’on a travaillés ensemble.
Ma partition est un peu retenue des assauts de la météo par un énorme tendeur vert et jaune, cet assortiment me terrifie, la même couleur que nos étiquettes. Devant moi les improbables et les pupitres bancals, une forêt de pinces à linge colorie le tableau : grigris anti-météo.
Dans sa poussette, aligné avec notre désordre, un petit bout de cul et son saxo en légos me regarde. Les musiciens aussi.
A ce moment, je les sens attentifs, plus que quand j’étais parmi eux. Je l’étais moins moi aussi.
A ce moment, je suis concentrée, et dans ma tête je répète, les rythmes qui vont s’enchaîner.
Au micro, celui de nos musiciens qui trouve le mieux les mots, plus à l’aise avec son micro qu’avec sa trompette, et qui nous annonce le moyen-âge.
Les pinces à linges se reflètent dans le ciel et dessinent un arc-en-ciel.
Je lève les bras, les instruments se lèvent aussi, à trois on part. Enfin, un, deux trois, puis on part. Je ne vois plus le désordre, je les vois tout simplement.
Je suis tendue comme un câble de téléphérique, et mon bras scande la mesure plutôt qu’il ne la bat. Je sais puisque je viens de dedans qu’ils ne s’entendent pas, et je sais que pour qu’ils jouent ensemble il faut qu’ils me voient, qu’ils voient bouger mon bras au loin derrière les notes dessinées, derrière les pinces à linge et juste devant l’arc en ciel. Il faut qu’ils voient mon bras même quand ils ne me regardent pas.
La main droite bat la mesure, s’arrête parfois pour repartir plus vite, ou encore plus doucement, ma main droite est connectée au batteur aussi, pour que l’on soit ensemble vraiment, et au tuba, qui stabilise tout ça.
La main gauche tourne les pages, retient les pages, retourne les pages, donne les départs, soutient les tenues.
Pour que ces partitions des « templiers » se transforment en musique, j’ai dessiné un jour un répétition, dans nos têtes à tous, le décor d’un donjon avec les trompettes tout en haut, le lac, les princesses, les chevaux, les drapeaux dans le vent, les tuniques. A partir de ce jour là, le morceau a trouvé une couleur. Plusieurs couleurs même.
On le répète depuis novembre, et on le joue juste là, après c’est fini pour cette année.
Le saxo ténor qui oublie de partir, le tambourin qui regarde plus souvent ailleurs que moi et endort son rythme, la trompette qui cuivre trop, la flûte qui joue une note sur trois car elle débute, les saxos altos qui ralentissent systématiquement à la mesure 172, les jeunes et les moins jeunes, j’ai senti là devant moi qu’ils étaient un, que nous étions un, et qu’ils ont oublié de ne pas partir, de ralentir, de se divertir.
Je croise parfois un regard, mais pas souvent. Je sens la frustration du timbalier sans timbale, et je suis déçue pour lui. C’est son regard que je croise le plus souvent habituellement, pour lui donner les départs. Il avait bien bossé. Au départ ce morceau n’était pas au programme de la fête de la musique,et c’est le seul avec timbales.
Le morceau commence assez rythmé, accélère avec une marche, s’endort un peu dans une mélodie sirupeuse, et accélère à nouveau au rythme de la marche rapide des templiers. C’est le plus long que nous jouons ce soir.
Il finit en apothéose, et je crois qu’ils ont vu que j’étais contente, et je crois qu’ils étaient contents.
Le public a applaudit, et lorsque je me suis retournée, j’ai vu qu’il y avait du monde, beaucoup plus que ce que je croyais. Au moins… plein !
Nous sommes un groupe de gens improbables, nous répétons dans une vieille salle de classe aux rideaux déchirés, au plafond qui nous montre ses entrailles. Le chef nous sort régulièrement des morceaux de derrière les fagots, il faut improviser ou presque, et ça passe plus ou moins, mais ça passe le plus souvent.
J’aime cet orchestre abracadabrant, un orchestre avec des gens qui boitent, des qui tiennent pas debout, des qui accompagnent et mangent leur sandwich, des qui viennent parfois sans instrument, des qui perdent des bouts d’instruments, des qu’ont des clefs qui dévissent, des soudures qui lâchent, des pupitres qui tombent, des qui démarrent avec une autre partition, des qui jouent tout seul, des qui papotent tout le temps, des qui n’écoutent rien, des qui s’énervent vite, des qui disent jamais rien. Mais tous qui ont envie de jouer et viennent et reviennent.
Mon orchestre, il mériterait une émission « streaptise ».
Et j’aime ça.
Filomène
19:27 Publié dans un joyeux bordel... | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note










